Par Marc Weiss, Expert antiparasitaire, Nuisible.lu
Oui, les souris peuvent entrer chez vous par les tuyaux et les siphons en octobre : elles savent nager et remontent par les canalisations d'évacuation dès qu'un joint est sec ou défectueux. La baisse des températures nocturnes pousse les rongeurs à chercher un abri chaud, et une ouverture d'à peine 6 mm, la taille d'une pièce de monnaie, leur suffit pour s'installer. La bonne nouvelle, c'est que ce point d'entrée se corrige sans aucun produit chimique : laine d'acier, grilles métalliques et siphons maintenus humides suffisent dans la majorité des maisons. Pour les cas déjà installés, un contrôle professionnel reste la solution la plus fiable.
Chaque année, le scénario se répète au Luxembourg : dès que les nuits passent sous la barre des 10 degrés, généralement courant septembre et octobre, rongeurs et insectes amorcent leur migration vers l'intérieur des habitations. Ce n'est pas un hasard de calendrier, c'est une question de survie. À l'extérieur, le froid fait chuter les ressources de nourriture et les cachettes naturelles se raréfient en même temps que la végétation se dégrade. La maison, avec sa chaleur constante et ses réserves alimentaires, devient alors la cible logique.
Les tuyaux et les gaines techniques sont particulièrement vulnérables à cette période, car ils relient directement l'extérieur à l'intérieur, souvent par des ouvertures jamais rebouchées depuis la construction ou une rénovation. Un professionnel formé à la dératisation (rats & souris) sait précisément où chercher ces points faibles autour des passages de plomberie, de la chaudière ou des arrivées d'eau.
Ce phénomène touche aussi bien les maisons individuelles entourées de jardin que les appartements en copropriété, car les gaines techniques traversent souvent plusieurs étages d'un même bâtiment. Une souris qui trouve un passage au sous-sol peut ainsi remonter de palier en palier à travers les mêmes conduits qui desservent les colonnes d'eau et d'évacuation de l'immeuble. C'est une des raisons pour lesquelles un contrôle isolé, limité à un seul logement, ne suffit parfois pas : il faut raisonner à l'échelle du bâtiment entier, en particulier dans les résidences anciennes du centre-ville ou des quartiers pavillonnaires construits avant les années 2000, où les normes d'étanchéité des passages techniques étaient moins strictes qu'aujourd'hui.
Une souris adulte passe par une ouverture d'environ 6 mm, soit la taille d'une pièce de monnaie. Et contrairement à une idée reçue, elle sait très bien nager : elle peut remonter par une canalisation d'évacuation, que ce soit un évier, une baignoire, et parfois même des toilettes, dès qu'un joint est sec ou qu'un siphon est mal entretenu.
Un siphon fonctionne grâce à une réserve d'eau qui bouche physiquement le tuyau et empêche toute remontée, qu'il s'agisse d'odeurs ou d'animaux. Le problème, c'est que cette eau s'évapore naturellement dans les canalisations peu utilisées : une douche d'appoint, un évier de buanderie, un lavabo de chambre d'amis. Après quelques semaines sans passage d'eau, le siphon est sec et la voie est libre.
Autre facteur local à surveiller : les hivers de plus en plus doux observés ces dernières années au Luxembourg limitent la mortalité naturelle des rongeurs pendant la saison froide. Moins de gel prolongé, c'est davantage d'individus qui survivent d'une année sur l'autre, et donc des populations de souris plus importantes qui cherchent refuge à l'automne suivant.
À cela s'ajoute la raréfaction progressive des ressources alimentaires extérieures à mesure que l'automne avance : les jardins sont récoltés, les composts se referment pour l'hiver, les graines et insectes dont se nourrissent les rongeurs se font plus rares dans les haies et les prairies. Une maison qui laisse traîner des croquettes pour animaux dans la véranda, un sac de graines pour oiseaux dans l'abri de jardin ou des restes de compost mal fermé devient alors une ressource particulièrement attractive, et donc un point d'attraction supplémentaire juste à côté des tuyaux déjà fragilisés.
Plus une colonie s'installe tôt, plus elle sera difficile à déloger avant le printemps. Quelques signaux permettent de réagir avant que la situation ne s'aggrave :
Ces signes valent aussi au printemps pour d'autres nuisibles : notre guide pour prévenir les nuisibles au printemps au Luxembourg détaille la même logique de vigilance saisonnière appliquée à la saison chaude.
Protéger sa maison pendant l'hiver ne se limite donc pas à un geste ponctuel en octobre : c'est une vigilance qui se poursuit tout l'hiver, car une colonie qui s'installe en novembre peut rester active et se reproduire jusqu'au printemps si elle trouve chaleur et nourriture en continu. Vérifiez régulièrement les zones de stockage (cave, grenier, buanderie), rangez les denrées sèches dans des contenants hermétiques en verre ou en métal, et ne laissez jamais de nourriture pour animaux domestiques à l'air libre toute la nuit, surtout près d'une gaine technique ou d'un tuyau d'évacuation extérieur.
| Prestation | Prix indicatif |
|---|---|
| Inspection et diagnostic des points d'entrée | de 80 à 150 EUR |
| Scellement professionnel (laine d'acier, grilles) | de 150 à 400 EUR selon le nombre de points |
| Dératisation complète avec suivi | de 200 à 500 EUR |
| Contrat de contrôle préventif biannuel (printemps et automne) | sur devis, selon la surface du bien |
Évitez l'automédication avec des produits chimiques achetés en grande surface : mal utilisés, ils sont peu efficaces contre une colonie installée et présentent un risque pour les enfants ou les animaux domestiques. Les traitements biocides professionnels sont réservés aux applicateurs certifiés. Si vous constatez plusieurs signes d'infestation, faites appel à un professionnel plutôt que d'improviser.
L'automne réserve aussi d'autres rencontres avec la faune locale : rappelons que, comme pour les gardes forestiers de l'ANF qui recommandent de signaler un nid de frelons en forêt sans jamais le toucher, la prudence et l'appel à un professionnel restent la meilleure réponse face à un nuisible installé.
Parce que la baisse des températures nocturnes réduit à la fois les abris naturels et les sources de nourriture extérieures. La maison, chauffée et approvisionnée, devient alors une cible prioritaire pour les rongeurs en quête d'un refuge d'hiver.
Les bruits de souris sont rapides et discrets, surtout audibles le soir le long des murs ou sous le plancher. Les écureuils, actifs plutôt en journée, produisent des bruits plus lourds de course et de grattage, souvent accompagnés de noisettes ou de débris de bois stockés. En cas de doute, un professionnel identifie l'espèce à partir des crottes et des traces laissées sur place.
Pas nécessairement, mais la prudence s'impose : une femelle peut avoir plusieurs portées par an. Si vous apercevez une souris en octobre, c'est le bon moment pour sceller les points d'entrée avant que la population ne s'installe pour l'hiver.
Gardez les siphons remplis d'eau en faisant couler l'eau régulièrement dans les canalisations peu utilisées, et vérifiez l'état des joints. Pour les toilettes, un clapet anti-retour peut être installé par un professionnel dans les cas les plus exposés.
Les professionnels recommandent un contrôle préventif deux fois par an, au printemps et à l'automne, périodes de forte activité des rongeurs. C'est souvent plus économique et plus efficace qu'une intervention d'urgence une fois la colonie installée.
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